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Feel trouble tonight - Camille O'Connell- Neven Miller

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MessageSujet: Feel trouble tonight - Camille O'Connell- Neven Miller Dim 28 Aoû - 21:51



Un mois déjà. Trente longues journées que j'étais arrivé à Mystic Falls. Et rien. Je n’avais toujours aucune trace de ma génitrice, pas la moindre piste. Je me doutais que trouver une folle dans une ville totalement inconnue n’allait pas être chose aisée mais là . . . Pourtant pas du genre à baisser les bras, ce soir mon moral semblait être parti sans moi.
Seul dans mon (trop) petit appartement, la solitude comme un poison s’incrusta dans mon esprit. J'étais atrocement seul. Sans doute une des raisons, parmi les nombreuses autres, qui expliquait mon impérieuse envie de me mettre minable, encore plus.
J’ouvris les placards et n’y trouvai aucune goutte d’alcool. Décidément. Je ris jaune en pensant que je n'étais vraiment pas doué pour trouver quoi que ce soit. Avant de tout casser, et même si je n’avais envie de voir personne, je décidai de sortir prendre un verre dehors. J’avais vraiment envie d’oublier.

Je marchais une dizaine de minutes avant d'apercevoir une enseigne lumineuse un peu plus loin. Le Grill. Je jetais un oeil discret à travers les vitres. Le bar n'était pas bondé, mais assez remplit pour passer inaperçu. Parfait pour mes projets du soir. Je pris place au bar à côté des poivrots visiblement habitués à l’endroit. Je ne put réprimer une moue de dégoût en les voyant. Je me jurais sans un mot que jamais je ne finirai comme eux, ce soir étant mon exception. Sans vraiment prêter attention à la serveuse je lui commandai un double whisky. Alors que je l’avalai cul sec, je sentis néanmoins son regard insistant sur moi. Peu importe. Je repris la même chose. One go again. Malgré mon indifférence évidente, quoiqu’un peu feinte, la petite serveuse blonde ne semblait pas vouloir détourner les yeux. Moi qui voulais passer inaperçu. . .
Je levai les yeux et la regardai dans l’espoir qu’elle arrête de me fixer. En vain. Shit. Par dépit je baissai donc les miens. Note à moi-même : apprendre à être plus ferme avec les femmes.

Quand j’appelai une autre serveuse je vis sa mine curieuse se dessiner davantage. Mais qu’est-ce qu'elle voulait à la fin ? Je n'étais pourtant pas le seul ici. La situation m’agaçait autant qu’elle me mettait mal à l’aise. Du mieux que je pus, je fis abstraction de la serveuse, enfouissant ma colère naissante très profondément. Je connaissais mes problèmes de violences irraisonnés (surtout après deux ou trois verres) et il était hors de question d’y succomber. Je ne lui aurai pas fait de mal, ni à elle ni à aucune autre sauf ma mere, c’était moi que je tentais d'épargner. Alors que cela soit du mépris ou de la curiosité mal placée j’allais demeurer calme. Du moins essayer.
Machinalement je baissais les yeux, fixant le fond de mon verre vide. Ironique métaphore de ma vie. Des images sordides vinrent brouiller mon cerveau. Pas encore le temps du répit donc.
D’un ton froid je rappelais l’autre serveuse qui m’avait visiblement oublié.

À la tienne maman.

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Camille O'Connell

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MessageSujet: Re: Feel trouble tonight - Camille O'Connell- Neven Miller Ven 9 Sep - 16:02

Feel trouble tonight
Neven & Camille
Les hommes, ils s'enfournent dans les rapides, mais ils ne savent plus ce qu'ils cherchent. Alors ils s'agitent et tournent en rond... ▬ Le Petit Prince



- Hé ma jolie ! Un autre verre, et que ça saute !

Je levai les yeux au ciel en m’approchant du client qui venait de m’interpeller de façon assez grossière. Il éclata d’un rire gras et tonitruant sans raison valable, puis se mit à tousser pendant un long moment. Je soupirai avant de faire glisser un autre verre vers lui sur le comptoir. Ce gars-là finirait par s’étouffer avec son alcool. C’était le dernier verre que je lui servais, de toute façon.
Je servis d’autres clients sans vraiment faire attention. Ceux qui venaient s’asseoir près du comptoir étaient généralement désespérés, en quête d’oubli le temps d’une nuit. Et surtout, ils étaient seuls. Très seuls. J’avais de la peine pour eux. Mais ils étaient bien trop imprégnés d’alcool pour que je puisse tenter ne serait-ce qu’une simple discussion avec eux.
Et puis, bien souvent, ils ne me prenaient pas au sérieux. Je n’étais que la petite barmaid d’un petit bar sans importance, qui était là juste pour leur servir de l’alcool, encore et toujours.
Ils avaient trouvé un certain confort dans leur solitude.

Quelqu’un entra dans le Grill. Je ne fis pas attention, au début. Je m’approchai pour prendre sa commande, et fronçai légèrement les sourcils en posant mon regard sur lui. Je ne l’avais encore jamais vu ici… Pas au comptoir, au milieu de ceux qui essayaient de se noyer dans l’alcool, en tout cas. Il posa un regard écœuré sur ces derniers. Et pourtant, au vu de sa commande et de son attitude, il comptait prendre le même chemin qu’eux. Posait-il également ce même regard écœuré sur lui-même ?
Il avala son verre cul sec. J’étais consciente que je ne l’avais pas lâché des yeux. Je ne comprenais pas. Il semblait savoir que le noir complet l’attendait. Et pourtant, pourtant, il y plongeait la tête la première.
Il reprit un autre verre, prêt à descendre rapidement la pente. Je le servis, toujours en silence. Tout à coup, il leva les yeux vers moi. Je vis son regard agacé et son visage fermé. Il aurait pu tout aussi bien me dire qu’il voulait être seul, si son expression ne trahissait pas ses pensées. Mais je n’y croyais pas. S’il voulait être seul, il ne serait pas venu dans un bar. Il ne serait pas venu dans un lieu de rencontres.
Et puis… Qui souhaitait vraiment être seul ?

Il baissa finalement les yeux, et appela une autre serveuse. Je haussai un sourcil. Je n’avais fait que le regarder… Peut-être n’avait-il pas l’habitude d’être un centre d’attention.
Il garda la tête baissée, fixant le fond de son verre comme s’il s’agissait du fond de sa vie.
Alors qu’il rappelait l’autre serveuse d’une voix monotone, je m’approchai de lui.

- Ma collègue s’occupe de la salle, je m’occupe du bar. Alors je m’excuse, mais il va falloir vous contenter de moi.

Je cherchais son regard, et esquissai un léger sourire tandis que je lui tendais la même commande que les deux précédentes.

- C’est bien ça que vous vouliez ?

J’attendis qu’il prenne son verre et penchai légèrement la tête.

- Vous semblez avoir beaucoup de choses à oublier, ce soir…

Je n’étais pas sûre qu’il accepte de continuer la conversation, à vrai dire. Mais il fallait que j’essaie. Parce que je ne croyais pas qu’on pouvait résoudre ses problèmes en s’enfonçant dans un désert sans oasis. Parce que ce qui embellit le désert, c’est qu’il cache un puits, quelque part…



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MessageSujet: Re: Feel trouble tonight - Camille O'Connell- Neven Miller Lun 19 Sep - 20:30


“Le seul moyen de chasser un démon est parfois de lui céder.”

Alors que je relevai lentement les yeux, mon regard se fit plus noir que je ne l’aurai voulu. Tant pis. La petite serveuse blonde, que j’avais pourtant gentiment ignorée, revenait à la charge. Cette fois ci elle eut l’audace de me parler, un timide sourire aux lèvres pour masquer son intrusion dans mon auto-déchéance. Intérieurement, je pensais qu’elle était soit idiote soit sacrement gonflée. Sa mine très expressive me dit définitivement pencher vers la deuxième option.

Bon. Comment mettre rapidement fin à cette conversation. Je décidais de persister dans l’idée de l’ignorer complètement. Mais évidemment elle ne l’entendit pas de cette oreille.

« Vous semblez avoir beaucoup de choses à oublier » répéta-t-elle un peu plus fort.

« J’avais compris la première fois ».

J’espérais que mon ton glacial la découragerait pour de bon. Cette fois, cela fonctionna. A ceci près que la déception et la tristesse que je lus alors sur son visage me brisèrent le cœur. Elle avait réellement l’air de vouloir m’aider, m’écouter. Et je l’avais jetée comme la pire des parias. J’étais vraiment trop con.

« Disons que je n’ai pas eu une journée facile »

Elle revint immédiatement sur ses pas, essayant tant bien que mal de cacher sa satisfaction (sans doute pour ne pas me faire fuir à nouveau). Elle planta ses grands yeux clairs dans les miens, attendant comme un enfant à l’heure du coucher la suite de mon histoire. La douceur et la candeur qui se dégageait d’elle me touchèrent. Je baissai à nouveau les yeux sur mon verre, plein cette fois. Et puis merde. Je le poussai sur le côté et me lançai pudiquement :

« Je suis arrivé il n’y a pas longtemps dans le coin, je suis le nouveau gardien de nuit du musée. Je ne connais encore personne ici et je me sens seul parfois. .  . »

Je n’osai pas lui parler de ma mère, du meurtre de Tonie. Avec le temps j’avais appris qu’il n’était jamais bon de dévoiler ses failles, encore moins à des inconnus. L’humain est si lâche, la moindre faille qu’il entrevoit chez l’autre sera la lame qu’il utilisera pour mieux l’enterrer. Pourtant . . . quelque chose en elle, un soupçon d’humanité inexplicable, m’inspirait confiance et m’apaisait.  
Alors, peut-être était-ce cette bienveillance ou le trop-plein d’alcool (probablement les deux) mais je laissai un peu plus ma méfiance de côté et poursuivis.

« Je . . . suis à la recherche de quelque chose, et malgré tous mes efforts impossible d’avoir la moindre piste »

Je sentis bien malgré moi l’émotion m’envahir.

« J’ai besoin de le retrouver, vraiment. C’est vital.»

Mes mains commencèrent à trembler, progressivement je perdais le contrôle de moi-même. Encore. Tout ce que j’avais cherché à éviter était en train de se produire. À croire que jamais je ne pourrai échapper à cette furie intérieure qui me dévorait.

« Ce quelque chose . . . est très important pour moi »

C’en était trop. Pas question de continuer. Comme un effort ultime pour contenir la douleur qui m’envahissait, d’un geste violent j’attrapai mon verre et le bu. Trop tard. J’enfouis ma tête dans mes mains et me mis à pleurer sans un bruit, laissant la petite serveuse dans la confusion la plus totale.


Dernière édition par Neven Miller le Dim 16 Oct - 13:11, édité 1 fois
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Camille O'Connell

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MessageSujet: Re: Feel trouble tonight - Camille O'Connell- Neven Miller Sam 8 Oct - 17:40

Feel trouble tonight
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- J’avais compris la première fois.

Je fronçai les sourcils à la réponse de mon client. J’avais dû me tromper sur son compte. Certaines personnes parviennent parfois à trouver un certain confort dans la peine et la douleur. Elles s’enlisent dedans sans même chercher des yeux la porte de sortie, alors même qu’elle est grande ouverte, et qu’il ne leur reste qu’à marcher vers celle-ci. Au lieu de ça, elles ferment les yeux, et se servent de cette douleur comme d’un prétexte pour s’isoler du monde et de toute forme de vie. Un pas en arrière, un pas en avant, on confond excuses et prétextes et on se donne de bonnes raisons de s’interdire de vivre le présent.

Je le regardais toujours tout en m’écartant de lui. Je ne voulais pas cacher mes émotions. C’était bien trop facile. Trop facile de se cacher derrière un masque d’indifférence.

Mais alors que je m’apprêtais à m’occuper d’autres clients, des mots semblèrent sortir de sa bouche à nouveau.

- Disons que je n’ai pas eu une journée facile.

Je me contentai de hausser un sourcil pour marquer mon intérêt, et me rapprochai de lui. Je restai pourtant à une bonne distance du bar, essuyant un verre tout en lui jetant de petits coups d’œil. Je ne voulais pas qu’il se sente oppressé. Peut-être valait-il mieux y aller progressivement.

Il finit par baisser les yeux vers son verre, comme absorbé par le liquide qui le remplissait. Il semblait pensif. Non, pas pensif… Tourmenté. C’était le mot juste. Comme s’il avait porté tous les problèmes du monde sur ses épaules.

Je me pinçai les lèvres, un peu hésitante. J’avais envie de tendre la main vers lui, j’avais envie de l’aider, mais je ne savais pas comment m’y prendre pour qu’il ne se mette pas à fuir.
Il poussa son verre sur le côté.

- Je suis arrivé il n’y a pas longtemps dans le coin, je suis le nouveau gardien de nuit du musée. Je ne connais encore personne ici et parfois je me sens seul parfois. . .

Je hochai la tête en silence. Cette ville… N’était pas très accueillante pour les nouveaux venus. Il était même parfois difficile de s’y intégrer. J’avais eu de la chance. Parce que je connaissais les Originels. Enfin, surtout un… Et s’il n’avait pas été là… J’aurais certainement disparu de la surface de la Terre dans des circonstances pour le moins étranges.

Je lui offris un sourire rassurant, plus pour l’encourager à continuer qu’autre chose. Il avait l’air de traîner un boulet derrière lui, un boulet dont le poids commençait à se faire trop lourd, un boulet qu’il semblait vouloir alléger.

- Je . . . suis à la recherche de quelque chose, et malgré tous mes efforts impossibles d’avoir la moindre piste. J’ai besoin de le retrouver, vraiment. C’est vital.

Ses mains tremblaient. Evidemment, je l’avais remarqué. Il était rongé par ses démons intérieurs. Alors je me concentrais sur son visage. Un visage… Ravagé par la douleur et la souffrance.
Tout à coup, il prit son verre pour le boire, avant de prendre sa tête entre ses mains. Ce ne fut qu’après quelques instants que je compris qu’il pleurait.

Aussitôt, je m’avançai doucement et posai une main sur son bras. C’était instinctif. Je ne savais pas si j’avais bien fait, après tout, il m’avait bien repoussé une fois, alors pourquoi pas deux ? Mais je ne m’étais pas posée la question. Je l’avais fait, voilà tout. Je voulais juste qu’il sente qu’il n’était pas seul. Parce qu’au fond… Personne n’est vraiment seul.

J’attendais qu’il lève son regard vers moi alors que je l’observais, non pas avec pitié, mais avec compassion. Je ne pouvais pas dire que je connaissais la douleur qui semblait l’assaillir en ce moment-même, puisque je ne savais pas ce qu’il avait traversé. Mais parfois, il suffit d’un regard, d’un contact, ou même d’une simple présence, pour alléger ce fardeau qui semble trop lourd à porter.

J’esquissai un léger sourire.

- Il ne faut pas baisser les bras. Je sais bien que ça semble plus facile à dire qu’à faire, dit comme ça. Parfois, on a envie de tout laisser tomber. Mais ensuite, si on abandonne l’idée même de l’espoir, qu’est-ce qu’il nous reste ? Rien, absolument rien. On a besoin de cet espoir pour continuer à vivre, pour qu’il nous aide à remonter la pente quand on croit que tout est perdu. On en a besoin pour continuer à se battre.

Je retirai doucement ma main avant d’incliner la tête.

- Peut-être… Peut-être que vous vous y prenez mal pour trouver ce que vous cherchez. Peut-être qu’il faudrait que vous autorisiez certaines personnes à vous aider dans vos recherches. Si ce « quelque chose » se trouve ici, à Mystic Falls, ça ne devrait pas être difficile de trouver quelqu’un qui connaisse bien la ville, et qui pourrait vous aider à la fouiller de fond en comble.

Je me pinçai un peu les lèvres avant de le regarder à nouveau.

- Bien sûr, cela sous-entend que vous partagiez certaines choses avec ces personnes. Que vous leur fassiez confiance. C’est un risque à prendre. Mais malheureusement, je ne crois pas qu’il soit toujours possible de se débrouiller tout seul. Je crois… Je crois qu’on a besoin des autres pour vivre.

Je lui souris.

- Mais tout ça, ce n’est que mon avis, bien sûr. Je ne dis pas que j’ai raison. Et peut-être que j’ai tort, après tout, mais… Je crois que ça vaut la peine d’essayer.




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MessageSujet: Re: Feel trouble tonight - Camille O'Connell- Neven Miller Dim 30 Oct - 13:35

Ses mots résonnaient comme en écho dans mon esprit vide. Rien de ce qu’elle n’aurait pu dire ou faire ne pouvait m’empêcher de m’enfoncer un peu plus dans l’abîme. Toujours la tête entre les mains, les images comme du poison m’envenimaient. Son sourire, son parfum, le sang, la chaire déchirée, les larmes tout me revenait. Encore.

Je n’avais pas entendu ce qu’elle m’avait dit, je n’avais pas envie d’entendre. J’imaginais, toutes ces banalités qu’elle avait du me sortir, ces choses que l’on dit par habitude, sensées guérir une  souffrance pourtant incommensurable. Le bar était maintenant plein. Et mon âme complètement vide. Tous ces gens, ceux qui riaient, chantaient, dansaient, pleuraient peu importe, je les haïssais, tous. Leur bonheur, leurs malheurs, ces choses de la vie me donnaient la nausée. Parce qu’eux ne savaient pas que j’étais mort. Seul mon corps comme un boulet persistait à vivre, animé par cet ultime désir de vengeance.

Je retirai mes mains, doucement, comme si tout s’était ralenti. Mon regard était plus noir que jamais. Je vis celui de la petite serveuse changer, lui aussi. D’une certaine façon et sans savoir pourquoi je crois qu’elle avait compris ce qui allait se passer. Peut-être avait-elle l’habitude de fréquenter des fous ?

Je tournai le dos à la serveuse pour faire face à la salle. Mes yeux s’arrêtèrent sur la porte, se plissèrent légèrement. Et je la vis. Elle, ses grands yeux verts, ses cheveux noirs. C’était impossible, je le savais, mais cette vision bucolique m’arracha le cœur autant qu’elle me le réchauffa. Machinalement je souris. Elle me sourit en retour. Elle commença à marcher vers moi, la main tendue. Elle était presque là, quand un couteau lui troua le ventre. Elle tomba à genoux, toujours sa main tendue vers moi, en détresse. J’allais . . .

« Dis vieux, t’as pas 5 euros, c’est pour un paquet de clopes »

La voix du vieil ivrogne me sortit ce mirage sordide. Je me tournai vers lui, l’air mauvais et dégouté je lui répondis :

« Non je n’ai pas cinq euros »

Malgré ses 3 grammes il dut sentir le mépris dans ma voix. Il se leva de son siège et s’approcha à deux centimètres de mon visage.

« Eh tu veux que je te casse la gueule ? »

C’est dingue comme la vie ne se joue à rien. Juste un instant, comme un petit interrupteur que l’on activerait et qui déclencherait tout. Vous voyez cet instant ? Celui ou l’on ne contrôle plus rien ? Le moment où l’on appuie sur l’interrupteur.

Je me levai à mon tour. Après l’avoir jaugé à peine quelques secondes, je l’attrapai par les cheveux et avec une violence inouïe lui éclatai la tête sur le comptoir.

Et là . . .
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MessageSujet: Re: Feel trouble tonight - Camille O'Connell- Neven Miller Mar 8 Nov - 18:16

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J’observais mon client, attendant une quelconque réaction de sa part suite à mes paroles. Mais rien. Pas un mot. C’était inutile. Il n’avait pas écouté. Mais ce n’était pas par pure impolitesse. Non. Il était parti dans un autre monde. Il s’était réfugié dans un endroit qui m’était inconnu, dans un endroit où personne ne pouvait l’atteindre. Non, personne, à part ses propres démons.

Il retira très lentement ses mains, avant de poser ses yeux noirs sur moi. Je soutins son regard. J’avais déjà observé ce comportement. Cet autre monde, dans lequel il s’était brusquement caché, c’était son passé. Un événement dans son passé, sûrement traumatisant, dont il ne pouvait pas se débarrasser. Il était comme bloqué, refusant de trouver une solution, refusant de penser à l’avenir, n’étant pas capable de tourner la page. Je fermais les yeux une seconde, et revis l’image de mon frère se couper la gorge, brutalement, après qu’il ait assassiné toutes ces personnes. Puis, l’image de mon oncle, celui que j’avais moi-même transformé en monstre, celui qui m’avait presque tué après ça. Je serrai les dents. Pouvait-on vraiment tourner la page ? Pouvait-on vraiment oublier, ou était-on condamné à revivre la même chose, encore et encore, jusqu’à ce que la folie s’empare de nous ?

Je rouvris finalement les yeux et replongeai mon regard dans le sien. Ce n’était pas le moment de perdre les pédales. J’aurai d’autres occasions pour ça. Des occasions où personne ne me verrait faire.
Je tentai de garder mon calme, malgré les souvenirs douloureux qui étaient revenus à moi. A vrai dire, je ne savais pas si on pouvait vraiment se débarrasser de son passé. De ses démons. Mais il fallait essayer. Il fallait se battre, tous les jours, pour tenter de gagner ce combat quotidien. Même quand c’était trop dur. Même quand ça paraissait impossible. Parce que, si on se laissait couler, sombrer dans la folie pure et les ténèbres, à quoi servait de vivre, alors ? A quoi servait la vie ? Ce serait comme être mort à l’intérieur.

Il attendait sûrement que je détourne le regard. Que j’abandonne. Mais je n’avais pas peur. Personne ne méritait d’être abandonné à son propre sort. C’est comme ça qu’on se laisse aller dans l’obscurité. Et je ne le laisserais pas creuser plus profondément.

Il me tourna le dos et son regard s’arrêta sur la porte. Un sourire béat s’afficha sur ses lèvres. Je l’observais en silence, essayant de comprendre. C’était évident qu’il était en train de revivre une scène de son passé. Mais quelle était la raison de ce sourire ?

Je n’eus pas le temps de lui poser la question. Un habitué du bar s’approcha de lui de manière maladroite. Je levai les yeux au ciel. Ce n’était pas du tout le bon moment. Il venait de revivre son passé, et il était interrompu brutalement, obligé de revenir à la réalité… Non, vraiment pas le bon moment.

Je fronçai les sourcils lorsque l’ivrogne s’approcha d’un air menaçant.

- Ca suffit, Jack. Vous en avez assez fait pour ce soir. Vous feriez mieux de rentrer maintenant.

A peine avais-je terminé ma phrase que je le vis se redresser. Lui, cet homme qui semblait pourtant si calme. Ni une ni deux, il attrapa l’ivrogne par les cheveux avant de lui cogner violemment la tête contre le comptoir. Je lâchai un cri de surprise et me précipitai de l’autre côté du comptoir. Je poussai l’agresseur du coude avant de m’approcher du blessé. Il saignait. Je l’aidais à s’asseoir sur une chaise avant de sortir mon téléphone pour appeler une ambulance. Ce n’était pas la première fois que ce genre de choses arrivait au Mystic Grill, surtout à une heure aussi avancée. Mais d’habitude, j’avais le temps de venir voir les choses. Pas cette fois. Heureusement, Jack avait bien bu, et demain, il aurait sûrement déjà tout oublié.

Je me tournai finalement vers l’agresseur, que j’avais complètement ignoré pendant tout ce temps. Je m’approchai de lui et plantai mon regard dans le sien.

- Vous vous sentez mieux, maintenant ? Parce que moi, non. Alors peut-être que je devrais aussi vous mettre mon poing dans la figure, pour voir si je me sens mieux après. Qu’est-ce que vous en dites ?

Je m’approchai encore, serrant les poings.

- C’est tellement facile de se cacher dans son passé. Tellement plus facile de croire qu’il n’y a aucune solution, que la vie n’est qu’une condamnation perpétuelle. Mais tout le monde a un passé. Vous n’êtes pas le seul sur Terre à avoir connu des choses difficiles. Ça ne vous donne pas le droit de haïr les gens au point d’en devenir violent. Ça ne vous donne pas le droit de vous transformer en quelqu’un que vous n’êtes pas.

Je fermai les yeux un instant pour tenter de retrouver une voix plus calme.

- Vous n’avez qu’à vous réveiller. Ouvrez-les yeux. Et vous verrez qu’il y a des gens qui seront prêts à vous aider. Qui sont prêts à vous soutenir dans votre quête, quelle qu’elle soit. Qui seront là pour vous retenir quand vous serez presque en train de tomber. Vous n’avez qu’à ouvrir les yeux. Mais là est la question. Voulez-vous ouvrir les yeux, voulez-vous avancer et ne pas vous montrer vaincu, ou préférez-vous vous cacher dans le souvenir et la violence pour toujours ?

Je me détournai de lui pour prendre son verre sur le comptoir et le posai entre ses mains.

- La balle est dans votre camp.





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MessageSujet: Re: Feel trouble tonight - Camille O'Connell- Neven Miller Mar 17 Jan - 13:42

Les mains pleines de sang je regardai la serveuse en face, les yeux haineux. Pour qui se prenait-elle ? Que savait-elle de la vie, de la mort ? Elle ne savait pas qu’il y a de ces souffrances qui ne s’effacent jamais. La balle est dans mon camp, vraiment ? Elle était perdue depuis longtemps. A trop vouloir rattraper mon passé je m’étais complètement perdu dedans.

La violence qui m’avait envahie ne s’atténuait pas, elle ne faisait qu’accroitre à chaque seconde.
Je sais qui je suis, ou plutôt je savais qui j’étais. Seulement je n’existe plus. Tout ceci n’est qu’un songe. La haine et la vengeance n’étaient en fait que mes derniers soupçons d’humanité. J’étais vide, complètement, désespérément.

« C’est tellement facile de se cacher dans son passé ». Non. Plus que caché j’y étais enfermé. Aucune aide, aucune personne ne pourrait m’en sortir. Jamais. Alors à quoi bon ? Pourquoi vivre pour souffrir, mieux valait mourir pour vivre.

Les mots se firent plus sourds, la pièce un peu plus trouble. Je vis la serveuse desserrer les poings et me regarder, interdite. Peut-être savait-elle comment tout cela finirait. Finalement, nous n’étions pas si différents. Elle était simplement plus forte que moi, ou plus lâche. Sa déchéance se trouvait peut-être au bout du chemin.

La fin de cette histoire était prévisible. On ne peut réparer ce qui n’est plus. Je me dirigeai vers la sortie, sans un regard pour la serveuse. Je ne voulais pas qu’elle pense qu’elle avait échoué. J’étais seul responsable de ce désastre. Je pris mon temps pour rentrer chez moi. Un dernier souffle avant la fin de mon agonie.

A peine rentrer je tombai sur mon canapé. Le regard fixe, je passais mes mains sur mon visage. Après quelques secondes, j’attrapai une  boîte en dessous de mon canapé. Tout allait finir comme ça avait commencé. Mon doigt effleura doucement la gâchette  3 . . . J’appuyais encore un peu plus 2 . . . Je sentis mon cœur battre pour la première fois depuis longtemps 1 . . . Une larme coula le long de ma joue, un petit sourire se dessina sur mes lèvres  
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