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❧ Don't Open, Dead Inside...

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Camille O'Connell

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MessageSujet: ❧ Don't Open, Dead Inside... Sam 11 Fév - 17:48

Lettre à Sean
Souviens-toi d'oublier.
- Are You Lost or Incomplete ? Do You Feel Like a Puzzle, You Can't Find Your Missing Piece ? -

Personne n’est réellement ce qu’il a l’air d’être. Pourtant, on veut tous être des gens bien perçus, estimés, aimés pour ce que l’on est. Un sacré paradoxe qui nous oblige à faire semblant, à camoufler notre nature profonde, nos faiblesses de même que certaines de nos forces, inavouables. Ou de nos horreurs les plus intimes. La plupart des gens croient être honnêtes et vrais, avec eux-mêmes comme avec les autres. Sans doute préfèrent-ils rester aveugles. C’est plus facile. Ca fait moins mal. Mais au final, on a tous quelque chose à cacher.
Tous.

Et toi, toi, mon frère, tu le savais. Tu étais mon âme, j’étais ton ombre. Je connaissais tes secrets les plus noirs, tu connaissais mes ténèbres les plus sombres. Les mots étaient inutiles. Tu savais qui j’étais vraiment.
Tu le savais.
Et maintenant, tu es parti.

Je ne sais pas si je dois rire, pleurer, ou me mettre en colère. Peut-être les trois en même temps. Après tout, la folie pourrait m’atteindre, moi aussi. Si ce n’est déjà fait. Qu’est-ce que ça veut dire, être fou ? On dit de quelqu’un qu’il est fou d’amour, fou de colère, fou de tristesse, et ça ne semble choquer personne. Alors, si être fou veut dire que l’on vit la vie avec une passion qui peut nous consumer entièrement, dans ce cas, je veux bien être folle à lier.

J’aimerais tellement pousser ma douleur au-dessus d’une falaise, et la voir se briser en milliers de petits morceaux. Mais même ça, j’en suis incapable. C’est plutôt drôle, quand on y pense. Je m’acharne à voir cet espoir en les autres, cet espoir que je ne vois pas en moi-même. Comme si je me considérais comme l’exception, la seule pauvre  petite âme pathétique qui ne pourrait pas être sauvée en ce monde. C’est certainement me donner un peu trop d’importance que de croire que je suis unique à ce point, me diras-tu.

Toi seul savais comme ma bouche pouvait être muette tandis que les mots se bousculaient dans mon esprit. Tu savais que ce qui ne pouvait danser au bord des lèvres s’en allait hurler au fond de l’âme. Et peut-être entendais-tu les hurlements de mon âme, toi aussi.
J’ai toujours peur, tu sais. Du monde, des autres, de moi-même. J’ai toujours cette douleur insupportable au fond de moi, ça n’a pas changé. Et pourtant, pourtant, j’ai peur de la laisser partir. J’ai appris à la côtoyer. A l’apprivoiser. Et aujourd’hui, je me demande, que serais-je sans elle ? Je ne sais pas. Je n l’ai jamais su. Tout garder pour moi, ça me donne l’impression de contrôler les choses, de tenir le cours de ma vie encore un peu dans mes mains. Mes secrets, si je les dis, je ne sais pas ce qu’ils vont devenir.
Et maintenant que tu m’as abandonnée, comment suis-je sensée découvrir qui je suis réellement ?

Oh non, je ne suis pas malheureuse. Mais je voudrais être heureuse. Je sens que l’idée du bonheur m’échappe. Je sens que tout va très vite, trop vite, et que la vie est bien trop courte pour se permettre la médiocrité. Je sens en moi l’urgence du bonheur. Mais je ne sais pas comment le trouver. Est-ce possible d’être heureux quand on a perdu la meilleure partie de soi ?
Finalement, peut-être que c’est ça, mon problème. Peut-être que j’exige trop de la vie. Je ne veux pas un brouillon de bonheur. Je veux la vie, je veux la passion intégrale, portée à son comble, fignolée jusqu’au délire. Mais qui suis-je pour exiger une telle chose ?

Je suis vulnérable. En permanence, je suis vulnérable. Tu as laissé un trou béant dans mon âme. Il y a désormais en moi un terrible vide, une absence, un défaut d’existence. J’ai beau me construire une armure pour me protéger, ce vide perpétuel ne peut être caché, et il est là, à la vue de tous. Toi qui sais comme je déteste me montrer aux autres, tu dois te douter combien il est difficile pour moi de laisser voir mes faiblesses au monde.

Alors, j’essaie de m’en faire une force. J’essaie de vivre avec cette force d’avoir un point faible, une sensibilité poussée à l’extrême, j’ingurgite toutes ces émotions, ces sensations, par la déchirure, la plaie béante que j’ai dans le cœur. J’essaie de me concentrer sur les autres, plutôt que sur moi-même, parce que c’est tellement plus facile. Oh oui, je suis une spectatrice. A l’intérieur comme à l’extérieur, de près ou de loin été comme hiver, dans le silence ou dans le bruit, je regarde les autres. Mais toi, toi mon frère perdu, peut-être aurais-tu réussi à lire entre les lignes, dans cet espace intact qu’aucun mot ne caresse ni ne frappe, ce que je n’ai jamais su dire.

Et ce soir, après des kilomètres de marche solitaire, et de vide, et ce rien, et ce manque de tout, partout, tout le temps, je m’incline. Je t’écris finalement cette lettre avec l’encre de mon cœur qui saigne. Ce cœur qui saigne depuis tant de temps et que je n’ai jamais pris la peine de soigner. Ah, si seulement tu pouvais me voir en ce moment. Je souris. Parce que je viens de réaliser que l’instinct de survie n’est peut-être pas mon trait de caractère le plus évident.
Et j’écris, j’écris toutes les pensées qui me traversent l’esprit, j’écris avec ma douleur, avec ma peine, avec ma rage et ma colère. Et tous ces mots que je pose sur ce papier humidifié par ces quelques larmes que j’ai osé laisser couler, je me rends compte que jamais je ne pourrais les prononcer à voix haute. C’est trop difficile. Alors, je continue à écrire, jusqu’à vider toute l’encre noire de mon cœur, ce poison qui s’y est logé depuis bien trop longtemps déjà. D’autres que moi écrivent comme ils parlent, mais toi, tu sais que j’écris comme je me tais. Toi, tu sais que l’écriture, c’est le cœur qui éclate en silence, et qu’il est des douleurs qui ne pleurent qu’à l’intérieur.

Je t’aime, et je te hais en même temps. Je te hais, à cause de tous ces souvenirs que tu m’as laissés de toi. Peut-être même que tu te moques de moi, là-haut, pendant que je me bats avec ces foutus souvenirs qui me gâchent la vie. Il semblerait que tu aies oublié que j’étais une funambule bancale, que sur Terre j’avais le mal de mer, que je savais trop aimer. De quel droit tu me laisses cet amas de souvenirs qui me colle à la peau ?

C’est une véritable torture. Tu sais, il n’y a jamais de pourquoi à un souvenir. Il arrive comme ça, à l’improviste, sans demander la permission. Et on ne sait jamais quand il repartira. La seule chose dont on peut être sûr, c’est que de toute façon il reviendra.
Mais d’habitude ça ne dure qu’un instant. Et maintenant, je sais comment m’y prendre. Il suffit de ne pas trop s’y attarder. Dès que le souvenir se pointe, il faut s’en éloigner vite, très vite, sans regrets sans concessions, sans chercher une image précise, sans jouer avec le feu. Sans se faire mal.

Voilà, ça va mieux… C’est passé…

Jusqu’à la prochaine fois.

Et aujourd’hui, j’en ai assez de jouer. J’en ai assez que tu joues avec ma tête. Je suis tout à fait capable de me torturer l’esprit toute seule, je n’ai jamais eu besoin de personne pour ça. Et cette lettre, cette lettre insipide, vide de sens puisque jamais elle ne sera lue, je vais sûrement la brûler. Je vais la brûler dans l’enfer de mon âme. Je vais la brûler, en mémoire de tous ces mots qui n’auront jamais franchi le seuil de mes lèvres, pour toutes ces phrases évanouies, pour ce silence assourdissant.
Et pour l’espoir qui renaît de ses cendres, toujours.

A toi mon frère, à toi qui me connaissais mieux que moi-même, à toi que je dois laisser partir, à toi qui as laissé un trou béant dans mon âme sans même s’en préoccuper, à toi que j’ai aimé même si aujourd’hui ça n’a plus aucune importance.

A toi, qui, même mort, es le seul à écouter mon âme qui hurle en silence.

A toi, pour toujours.

C.



© Gasmask


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